Comment gérer ses émotions, celles de ses collaborateurs, de ses pairs dans une période Incertaine / crise

Management

Propos d’Axel Boucher recueillis par Geoffroy Framery

Comment gérer les émotions de ses collaborateurs ?

Restitution du dîner débat de l’Agora des Directeurs Financiers du mardi 6 septembre 2016 sur le sujet: « Comment gérer ses émotions, celles de ses Collaborateurs et de ses pairs dans une période Incertaine / crise

Quel message garder suite à votre intervention?

Axel Boucher : « Les émotions sont lues à travers des registres de geste. Chaque geste a une signification profonde. L’organisation des gestes se décrypte de façon systémique : c’est l’ensemble qui donne la précision attendue selon le contexte et le moment.

Schématiquement, la tête incarne le commandement, le cou, lui, assure la transmission de l’information, le corps exécute et les pieds sont employés en tant que stabilisateurs: Il faut donc se demander ce que l’on recherche : est-ce la tête ou bien la transmission de l’information, la recherche de l’exécution telle que la rotation du buste ou la recherche d’ancrage pour le rapport au sol. Et analyser l’ensemble des signaux. Cela sous-tend que pour définir et préciser l’émotion il importe de croiser les différentes parties du corps entre elles pour préciser l’émotion : c’est un puzzle à assembler.

Cela dit, la gestuelle est devenue une science à part entière. Son côté aléatoire tel qu’on le connaissait il y a 50 ans relève désormais du folklore. En 15 ans, les neurosciences ont permis d’accoucher de nouvelles théories. Et ces trois dernières années ont été marquées notamment par le décryptage de la gestuelle et des comportements qui peuvent être anticipés par la lecture des gestes. C’est ce qu’on appelle la gestuelle prédictive.

La position du corps peut aussi nous en apprendre long : est-ce que la personne est en station assise ou débout. Pour lire une émotion, il faut sélectionner les différents pôles et saisir l’information en un minimum de temps en se posant différentes questions.

De quel type d’informations avons nous besoin ? Pour en faire quoi ?

La façon de valider l’émotion est par ailleurs tributaire de l’intelligence situationnelle. Ce type d’analyse comportementale est notamment utilisé dans la traque anti-terroriste ou dans l’anti-fraude mais également dans la conquête commerciale et en particulier quand il s’agit de collaborer avec les grands comptes : la station spatiale et le cursus d’acquisition seront alors ciblés et adaptés pour interagir de façon idoine et revoir la stratégie en temps réel. L’aspect prédictif permet de rectifier et d’anticiper le futur proche.

Aujourd’hui par l’analyse de la gestuelle, l’on peut, grâce à une poignée de main, connaître à quelle famille de décideur, notre interlocuteur appartient, par exemple.

Pour conclure, il existe un intérêt véritable de l’analyse gestuelle dans la gestion du deal et pour le sécuriser. D’où son utilité dans un processus de rachat et d’évaluation de la crédibilité ou de l’authenticité. De même en management, l’analyse des émotions de ses collaborateurs et l’analyse de l’impact de son comportement sur les autres permet d’adapter ses réactions et d’améliorer le management. »