L’excellence à la française : Quelle valeur à l’International ?

Sylvie MONTOUT

Gilles Aulibé

L’excellence à la française

Par Geoffroy Framery et Florent Miquel

Juillet 2018

« L’excellence à la française : Quelle valeur à l’International ? »

Le croisement d’une analyse macro-économique et du retour d’expérience d’une marque internationale illustrent, si besoin en était, le renouveau de l’Image « France » à l’échelle internationale. Comment l’expliquer ? commet s’en servir ? Comment la cultiver ? Sylvie MONTOUT Chef Économiste de Business France, Responsable du département Études et Prospectives Économiques et Gilles AULIBE, Directeur de la Relation Client de J.M.WESTON se sont exprimés lors de la soirée du club AGORA des Directeurs Commerciaux le 27 Mars.

Sylvie Montout 

« Parler de l’excellence française, c’est l’occasion d’évoquer les atouts et les caractéristiques de l’économie française. C’est aussi le moment de souligner, au-delà de ses points forts, les qualités de l’économie française que sont la gastronomie, le luxe, la mode. Aujourd’hui parler de l’excellence à la française, c’est aussi évoquer l’innovation, la créativité, l’industrie, la dynamique entrepreneuriale. Ce sont des mots marqueurs qui permettent à la France de se différencier dans une économie toujours plus concurrentielle. L’économie industrielle et l’innovation sont des leviers d’attractivité et des moteurs de croissance avec notamment de grands géants de la Tech tels que  Facebook, Google, Cisco qui ont choisi la France comme primo-implantation européenne et qui en révèle les atouts.

L’écosystème des start-up a beaucoup évolué tant en termes d’accès au financement qu’en termes de recrutement de profils ingénieurs de qualité. La France se distingue également par la qualité avérée de ses infrastructures de transport et de communication.

Alors il faut prendre conscience du poids de l’image « France ». Quand on parle d’excellence et d’attractivité, il faut associer la réalité économique à une image et à une valeur perçue. Certes on se base sur des indicateurs quantitatifs objectifs, mais la perception de l’image auprès de l’opinion nationale comme internationale est également un point déterminant. Depuis deux ans et la mise en place du nouveau gouvernement, il existe un vrai rebond de l’image de la France à l’étranger. Le « french bashing » est en recul tandis qu’une autre image s’affirme. La France devient un pays où il fait bon entreprendre et où start-up et innovation sont des mots clés qui lui sont associés.

La lisibilité et la stabilité dans les régimes fiscaux permettent également de rendre le cadre des investissements plus transparent et attractif. La volonté de réforme affichée par le gouvernement, ainsi que les dispositifs tels que le CICE et le CIR permettent de gagner en compétitivité et en attractivité. Notons que le nouveau gouvernement de par son parcours novateur y est pour beaucoup dans ce changement d’image. Et il permet de recréer une confiance au sein de notre économie dont l’indice de confiance des entreprises n’a jamais été aussi fort depuis la crise économique et financière de 2008. »

Gilles Aulibé

 « Parler d’excellence française pour J.M Weston, cela revêt un caractère important et particulier.
L’excellence à la française est très porteuse mais elle doit tenir compte de certains paramètres pour être pérenne. Elle doit notamment être comprise et intégrée par l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur, de l’artisan aux conseillers présents en France comme à l’étranger et notamment au Japon, aux Etats-Unis, en Europe,…

Cela nécessite de mobiliser l’ensemble des partie prenantes pour maintenir cette excellence. Car la notion d’excellence n’est pas innée, elle s’acquiert avec effort et rigueur dans la durée.
Si l’on prend en compte certains moments de l’histoire de J.M Weston, nous remarquons que son fondateur Eugène Blanchard choisit en 1891 un nom à consonance anglo-saxonne. En effet, à cette époque, l’excellence française n’était pas un acquis sur le secteur de la chaussure.

L’excellence française et son image sont donc toutes deux à cultiver et à entretenir.
Nous pouvons l’illustrer avec le marché japonais qui demeure le second plus important à l’international. Ce marché est friand de l’excellence à la française et du savoir français qui ressemblent en de nombreux points à l’excellence japonaise et à ses valeurs : forte intégrité, du temps pour faire les choses au mieux, la répétition d’un geste artisanal vieux de plusieurs siècles, une rigueur pour maintenir la qualité des produits,… Autant de marqueurs de  l’excellence à la française qui sont présents à l’international.
L’excellence n’est donc pas un vain mot, il s’agit du reflet du travail de nos artisans que nous souhaitons mettre en musique aux yeux de tous en communiquant sur notre excellence. »