Le BIG DATA dans les flottes automobiles

Par Christophe BAUDET / Responsable Domaine Géomatique – DALKIA

Mobilité; Data

Le BIG DATA dans les flottes automobiles

Notre flotte compte 8 000 véhicules. 2013 fut l’année du déploiement, 2014, celle de l’intégration et 2015 celle de la diffusion notamment via les tableaux de bord managers. Intégrer des outils de télématique a demandé de nombreux efforts au démarrage. 600 de nos véhicules furent équipés fin 2012, 4500 fin 2013 et plus de 6000 en 2015.

Au-delà du matériel en tant que tel, la gestion courante est complexe et nécessite de pallier les dysfonctionnements et d’organiser chaque aspect logistique de l’implémentation.

Début 2015, nous avons donc voulu travailler avec les constructeurs pour alléger ces chantiers tout en lançant une étude du marché démontrant que les constructeurs se préoccupaient de plus en plus de la télématique embarquée.

Se pose dans le même temps la question des données.

Il importait d’abord d’éviter l’effet de tunnel. En d’autres termes, nous nous sommes attachés à travailler, concomitamment à l’installation, sur les indicateurs, sur la mise en place d’un outil de vision objectif et mettre en place une gestion dynamique et transversale.

La Big Data se définit comme la manipulation de très grands flux d’informations.

L’idée fut celle de ne pas se noyer dans ce flot et concevoir des indicateurs précis et adaptés au contexte d’utilisation des véhicules : par exemple, nous avons retenu les données liées au premier trajet (kilométrage du véhicule avant la première intervention).

Cette notion nous a permis de constater que nos techniciens faisaient beaucoup de kilomètres et habitaient loin du secteur d’intervention ce qui nous a amené à repenser notre répartition des ressources. Grâce à la télématique, ce type de données qui n’était connu que des chefs d’exploitation, l’est désormais au niveau national.

Nous nous sommes aussi intéressés à l’utilisation des véhicules le week-end, aux temps de conduite mis en perspective avec les temps d’intervention.

L’ensemble nous a permis de dresser une photographie de l’utilisation du parc, de partir à la chasse au gaspillage, de mettre en place des règles d’utilisation des véhicules ou du moins d’en rappeler les règles et d’améliorer les ratios pour privilégier l’intervention au temps de conduite.

L’exploitation de la Big Data nous a permis de travailler à un niveau d’intervention stratégique et macroscopique pour agir ensuite sur la planification opérationnelle et faire entrer en adéquation la charge (services ou interventions à réaliser) et la capacité (moyens mis en œuvre).

L’accompagnement du point de vue humain est très fort. Outre la consultation des représentants du personnel et d’une commission garante des règles convenues avec les salariés, nous nous sommes attachés à être pédagogues.

Aujourd’hui, nous souhaitons encore aller plus loin en couplant les informations de géolocalisation avec celles de gestion d’activité.

Le but est également d’impliquer au maximum nos techniciens pour qu’ils ne subissent pas cette technologie mais en profitent via une application qui optimiserait leur tournée, leur conduite et l’entretien du véhicule. »

Propos recueillis lors du dîner-débat de l’Agora des Responsables de Flottes Automobiles.